Le Plan de Continuité d’Activité, késako ? (1/2)

Publié le 30 août 2010 | Aucun commentaire

Le Plan de Continuité d’Activité (ou Business Continuity Plan), instrument de survie des entreprises en cas de crise, a fait l’objet d’une révision dans de nombreuses sociétés en 2009 et 2010 suite à la pandémie de grippe A (H1N1). Devant l’importance croissante que prennent les PCA dans l’organisation des entreprises, celles-ci s’intéressent de plus en plus au télétravail qui pourrait devenir l’une des solutions essentielles à la continuité d’activité.

Un dispositif stratégique

Le Plan de Continuité d’Activité d’un groupe (gouvernement, collectivité, institution, entreprise, hôpital..) est un document stratégique qui planifie la démarche à suivre en cas de catastrophe ou de sinistre grave afin d’en minimiser les impacts. L’équipe en charge du PCA identifie ses forces et faiblesses en effectuant des tests réguliers, communique et forme le personnel.

Le PCA varie d’un groupe à l’autre mais il intègre généralement :

  • la sécurisation des locaux et des ressources vitales (y compris les outils informatiques et de télécommunication);
  • les plans de protection du personnel (y compris concernant le transport, l’hébergement, les soins qui sont le cas échéant étendus aux familles);
  • les plans d’alerte et de secours;
  • les plans de crise et de reprise d’activité (Cf. résilience) en vigueur;
  • la gestion du risque juridique et assuranciel.

A noter que les PCA sont obligatoires dans certains secteurs, bancaire notamment, et peuvent être encadrés par des réglementations (ISO 27001, Sarbanes-Oxley, Bâle II, Loi de Sécurité Financière, le règlement du Comité de la réglementation bancaire et financière 97-02).

Les cas de crises pris en considération dans le PCA sont multiples mais peuvent être classés dans deux grandes catégories :

  • les locaux sont partiellement détruits ou inaccessibles (catastrophe naturelle, attentats, etc.) ;
  • les employés ne peuvent pas accéder aux locaux (pandémie, grèves des transports, etc.).

 

Les limites des PCA actuels

Fabrice Humbert, responsable mondial du groupe Business Continuity Plan du Crédit Agricole CIB, nous explique que dans le premier cas, à savoir le scénario de perte d’immeubles, la solution réside dans l’existence de sites de secours, qui sont possédés en interne ou loués auprès de prestataires externes tels qu’IBM. Cette solution présente néanmoins des limites puisqu’il est possible que les sites de secours soient également endommagés ou inaccessibles (en cas de crue par exemple). De plus, étant donné que la majorité des entreprises louent auprès d’un nombre limité de prestataires les mêmes sites de secours, ces derniers ont de grandes chances de ne pas être disponibles en cas de catastrophe touchant plusieurs entreprises, dans un quartier à forte densité tel que Paris la Défense par exemple. A moins que l’entreprise ne dispose de positions de secours dédiées, moyennant un coût supplémentaire.

Le second cas, où les employés ne peuvent pas accéder à l’immeuble de l’entreprise qui lui est intact, ne peut être résolu simplement par la prévision de sites de secours et a fait l’objet d’un regain d’intérêt en 2009, en raison du risque de pandémie de grippe A.

Une situation de pandémie est particulièrement complexe puisqu’elle peut associer à un absentéisme important (pour cause de maladie de l’employé ou de l’un de ses proches) une impossibilité de se déplacer et d’utiliser les transports en commun.  Selon le rapport « Pandémie grippale & ressenti des entreprises » publié par le Haut Comité Français pour la Défense Civile le 01/06/2010, la pandémie de 2009 a été l’occasion pour bon nombre d’entreprises d’actualiser leur PCA. Pour anticiper sur l’activation éventuelle de ces PCA, des indicateurs internes ont ainsi été identifiés et sont suivis, notamment le taux d’absentéisme et la liste des activités essentielles au fonctionnement de l’entreprise.

Télétravail & Développement durable (2/6)

Publié le 11 août 2010 | Aucun commentaire

Désengorgement des transports et diminution de la pollution des centres urbains

C’est pour réaliser le trajet domicile-travail que les Franciliens ont le plus recours aux transports en commun (33,5 % des trajets). Or la première source de désagrément des usagers, loin devant les retards, est l’entassement. Si un salarié sur trois télétravaillait deux jours par semaine, cela réduirait le recours global aux transports en commun de 3 % en Île de France, ce qui, selon la RATP, suffirait à améliorer significativement la qualité des transports. En effet, les pics d’utilisation des transports en commun (« les heures de pointe ») étant majoritairement dus à la concentration des trajets domicile-travail le matin et le soir, la pratique du télétravail en résorberait une grande partie.

Par ailleurs, cette pratique réduirait également la pollution des centres urbains – 43 % des déplacements étant toujours réalisés en voiture – et donc les maladies respiratoires qui en découlent. Et, de même que pour les transports en commun, le télétravail contribuerait à réduire le million d’heures perdues chaque jour dans les embouteillages.

A titre d’illustration, en Ile-de-France, si 5% des 4 000 000 de travailleurs du tertiaire, soit 200 000 personnes, télétravaillaient, cela suffirait pour supprimer tous les embouteillages et les problèmes liés aux transports en commun.

Télétravail & Développement durable (1/6)

Publié le 20 juillet 2010 | Aucun commentaire

La réduction des émissions de CO2

En moyenne, un salarié parcourt 26 km par jour pour se rendre sur son lieu de travail. Si les salariés télétravaillaient en moyenne 2 jours par semaine, cela induirait un gain direct de plus de 800 kg de CO2 par personne et par an, soit près de 10 % du bilan carbone d’une personne. Mais les économies ne s’arrêtent pas là : la diminution des espaces de bureaux et des besoins en climatisation permet également de réduire très sensiblement les émissions de gaz à effet de serre, les bâtiments étant responsables d’un quart de celles-ci.

A l’échelle d’une PME parisienne de 200 salariés, le gain s’élève à 160 tonnes de CO2, ce qui revient à planter 28 800 arbres ou à enlever 70 voitures de la circulation. Selon la Commission Européenne, la pratique du télétravail diminuerait les émissions de gaz à effet de serre de 3 300 000 tonnes de CO2 en France.

En termes d’impact environnemental, le télétravail (et donc l’accès à distance en temps réel à des informations numérisées et partagées) permet aussi de réduire sensiblement les flux papier : grâce au télétravail, une entreprise de 160 salariés a réduit sa consommation de papier de 50 000 pages la première année.

La mise en place du télétravail est donc une démarche éco-responsable très efficace pour les entreprises françaises.

Sources :
INSEE Première, Mars 2007
« Le développement du télétravail dans la société numérique de demain », Rapport au Premier Ministre, Nov. 2009
Livret Vert « Le Télétravail », SYNTEC Informatique, 2010

Le télétravail a le vent en poupe dans l’administration américaine

Publié le 15 juillet 2010 | Aucun commentaire

Alors que le gouvernement fédéral faisait initialement figure de précurseur en matière de télétravail, les efforts pour promouvoir ce mode de travail au sein de l’administration américaine s’étaient peu à peu essoufflés. En 2008, les fonctionnaires étaient seulement 103 000 à télétravailler au moins une fois par mois, soit moins de 6% des effectifs. Le télétravail va cependant bénéficier d’un second souffle au sein de l’administration puisque le gouvernement Obama a clairement affiché sa volonté de porter ce nombre à 150 000 en 2011 et à 600 000 d’ici 2014.

La Chambre des Députés a dans cette optique adopté mercredi un projet de loi visant à encadrer et à promouvoir la pratique du télétravail au sein de chaque organisme fédéral. Cette réforme, approuvée par 290 voix contre 131, impose que chaque organisme fédéral devra mettre en place une stratégie pour développer le télétravail dans ses services (y compris par le biais de formations professionnelles) et nommer un responsable de la mise en place télétravail.

La loi vise également à mieux intégrer le télétravail dans les Plans de Continuité d’Activité, permettant ainsi de gérer les cas de « crises » et d’éviter la paralysie. Le démocrate John Sarbanes explique que le gouvernement a perdu chaque jour l’équivalent de 71 millions de dollars lors des tempêtes de neige qui ont paralysé Washington l’hiver dernier, une facture qui aurait pu s’alourdir de 30 millions de dollars par jour si certains fonctionnaires n’avaient pas télétravaillé.

Que va changer la proposition de loi votée en 2009 ?

Publié le 17 juin 2010 | Aucun commentaire

Le nombre de salariés exerçant leur activité au moins une fois par semaine dans un autre lieu que l’entreprise en utilisant les Technologies de l’information et de la communication était de 25,4 % aux Pays-Bas, de 22,8 % en Allemagne, en Finlande et au Danemark, de plus de 15 % en Italie et au Royaume-Uni.  Il n’était que de 6 % en France. Partant de ce constat, les députés français ont voté en première lecture le 9 juin 2009 une proposition de loi visant à encadrer et promouvoir le télétravail en France. Ainsi, la proposition de loi « pour faciliter le maintien et la création d’emploi » prévoit à cet effet une nouvelle section 4 dans le Code du Travail (Livre II Titre II Chapitre II articles L 1222-9 et suivants).

Si cette proposition de loi est votée par le Sénat, les grands principes légaux qui encadreront le télétravail seront les suivants :
- le refus d’accepter un poste de télétravailleur n’est pas un motif de rupture du contrat de travail ;
- l’ensemble des coûts découlant directement de l’exercice du télétravail doivent être pris en charge par l’employeur ;
- les télétravailleurs ont priorité pour occuper ou reprendre un poste sans télétravail au sein de l’entreprise ;
- l’employeur doit fixer des plages horaires en concertation avec le salarié durant lesquelles ce dernier peut être contacté ;
- en cas de circonstances exceptionnelles, la mise en oeuvre du télétravail est considérée comme un aménagement du poste de travail rendu nécessaire pour permettre la continuité de l’activité de l’entreprise ;
- le Gouvernement devra proposer des mesures visant à promouvoir et à développer le télétravail au sein des administrations publiques.

Lire la Proposition de loi soumise au Sénat

Cadre juridique du télétravail

Publié le 19 avril 2010 | Aucun commentaire

Les entreprises souhaitant passer une partie de leur effectif en télétravail optent souvent pour le télétravail « sauvage » : un accord oral avec le salarié sur les conditions du télétravail sans avenant de contrat. Or cette solution présente de nombreux risques : que faire en cas d’accident du salarié à son domicile ? de désaccords sur les conditions du télétravail après une certaine période ?

Afin d’inciter les entreprises à opter pour le télétravail, les pouvoirs publics ont défini un cadre juridique qui se compose aujourd’hui de deux textes :

- un accord cadre européen a été signé le 16 juillet 2002 et définit le télétravail comme « une forme d’organisation et/ou de réalisation du travail, utilisant les technologies de l’information, dans le cadre d’un contrat ou d’une relation d’emploi, dans laquelle un travail, qui aurait également pu être réalisé dans les locaux de l’employeur, est effectué hors de ces locaux de façon régulière (1) » ;

- un accord national Interprofessionnel du 19 juillet 2005 (2), étendu à l’ensemble des entreprises par un arrêté du 30 mai 2006 modifié par l’arrêté du 16 juin 2006. Cet accord est une retranscription de l’accord européen dans la législation française et prévoit notamment la formalisation écrite du télétravail (à noter que les pays européens avaient trois ans pour retranscrire l’accord cadre et que la France a finalement eu … trois jours de retard).

Un projet de loi sur le télétravail est également en cours de discussion au parlement. Il a été adopté par l’Assemblée Nationale le 9 juin 2009 et doit maintenant être adopté par le Sénat. Il vise notamment à introduire la notion de télétravail dans le code du travail, mais ne devrait pas apporter de nouveaux points à l’accord signé en 2005.

Les points à retenir de l’accord national sont :

- le caractère volontaire du télétravail (le refus d’un salarié d’accepter un poste de télétravailleur n’est pas en soi un motif de rupture de son contrat de télétravail) ; le télétravail peut faire partie des conditions d’embauche ou être mis en place, par la suite, et devra dans ce cas faire l’objet d’un avenant au contrat de travail ;

- la réversibilité (possibilité pour le salarié ou l’employeur de revenir à la situation d’avant le télétravail), dont les modalités sont établies par accord individuel et/ou collectif ;

- le respect de la vie privée, à travers des outils de contrôles adaptés et dont le salarié a connaissance, ainsi que le respect de plages horaires pour contacter le télétravailleur ; il est important de noter que l’utilisation d’outils de surveillance du salarié devra rester strictement nécessaire, proportionnée au but recherché et devra en outre avoir fait l’objet d’une information préalable des instances représentatives, des salariés et de la CNIL.

- l’obligation faite aux entreprises de prendre en charge l’équipement des télétravailleurs ;

- l’égalité de traitement des télétravailleurs et des non télétravailleurs.

Concernant les accidents de travail, on suppose une présomption d’accident du travail en cas de réalisation d’un accident au domicile d’un télétravailleur à domicile : le télétravailleur est ainsi couvert à domicile pendant les heures relatives à son contrat de travail.

(1)     : consulter l’accord cadre européen
(2)     : consulter l’accord national

Revue de presse (2009)

Publié le 7 avril 2010 | Aucun commentaire

Le Figaro

La moitié des salariés en télétravail d’ici 2015

Le Figaro, 03/12/2009

« La France accuse un grand retard par rapport à ses voisins européens. Et pourtant le télétravail permet aux salariés de marier plus harmonieusement vie professionnelle et vie privée. »
Lire l’article

Le Figaro

Demain, tous les salariés «sans bureau fixe» ?

Le Figaro, 30/09/2009

« Responsable de Regus, Olivier de Lavalette estime que demain, travailleurs nomades, nous n’évoluerons plus sur un poste de travail fixe. Le mode de management en sera bouleversé. Analyse d’une révolution en cours. »
Lire l’article

France Soir

Un avenir prometteur pour le télétravail

France Soir, 13/09/2009

« Le télétravail a encore du mal à séduire dans les entreprises, mais les avantages financiers pourraient changer la donne. »
Lire l’article

Le Figaro

Plus de flexibilité pour moins de stress

Le Figaro, 15/06/2009

« La France, généralement en retard sur le télétravail et sur l’utilité plus généralement des technologies de l’information comme outil d’amélioration de la performance, compte 73 % de salariés prêts à réduire leur rémunération en échange d’un temps de travail aménagé. »
Lire l’article

Le Figaro

Pourquoi le télétravail séduit les employeurs

Le Figaro, 27/04/2009

« Aujourd’hui, 65% des grandes entreprises et 19% des PME y ont recours. Cette nouvelle organisation leur permet de limiter le taux d’absentéisme et de réduire certains frais fixes. »
Lire l’article

Télétravail : mais de quoi parle-t-on ?

Publié le 7 avril 2010 | Aucun commentaire

Le télétravail dans tous ses états

Les médias évoquent de plus en plus le télétravail (voir à ce sujet les nombreux articles du Figaro repris sur ce blog), mais de quoi parle-t-on exactement lorsque l’on emploie le terme « télétravail » ? Alors que fleurissent sur Internet des annonces plus ou moins sérieuses promettant de gagner très bien sa vie depuis son domicile, le télétravail est souvent associé à du portage salarial (nous écrirons bientôt un article à ce sujet) ou même à des secteurs particuliers tels que le télésecrétariat ou la téléassistance (en savoir plus). A l’inverse, des VRP qui travaillent pourtant à distance de leur donneurs d’ordre ne se définiront pas comme des télétravailleurs. Enfin, depuis quelques années, une nouvelle forme de télétravail émerge : des salariés en CDI réalisent une partie de leurs travaux depuis leur domicile pour convenance personnelle. Alors quel est le point commun entre un télésecrétaire, un VRP et une mère de famille qui travaille à domicile le mercredi ?

Une définition ?

Intuitivement (et étymologiquement), le télétravail est un équivalent de « travail à domicile » ou plus généralement de « travail à distance ». Mais revenons à la définition officielle du télétravail. Il existe plusieurs définitions du télétravail (INSEE, législateur, accords interprofessionnels, etc.). Nous allons retenir la définition du législateur citée dans le projet de loi voté en juin 2009 par l’Assemblée Nationale qui a vocation à encadrer la pratique du télétravail dans le futur : Le télétravail désigne toute forme d’organisation du travail dans laquelle un travail, qui aurait également pu être exécuté dans les locaux de l’employeur, est effectué par un salarié hors de ces locaux de façon régulière et volontaire en utilisant les technologies de l’information dans le cadre d’un contrat de travail ou d’un avenant à celui-ci. Selon cette définition, le travail de VRP ou de télésecrétaire en freelance ne relève pas du télétravail !

Une notion, trois réalités

En synthèse, le télétravail au sens large recouvre trois formes de travail à distance distinctes :

  • le télétravail au sens de la définition officielle, à savoir le fait de réaliser à domicile un travail habituellement réalisé dans les locaux dans l’employeur. Cette forme de télétravail, plus récente, est en plein essor ;
  • le télétravail au sens du travail mobile : VRP, auditeur, consultant, etc. Cette forme de télétravail relève du travail à distance mais ne pourrait être réalisé dans les locaux de l’employeur. Cette forme de télétravail présente toutefois les problématiques classiques du travail à distance ;
  • enfin, le télétravail réalisé par des travailleurs qui ne sont pas salariés du donneur d’ordre. Cette forme de télétravail est souvent pratiquée en freelance par des salariés indépendants ou dans le cadre d’un portage salarial.

Ces trois formes de télétravail ont des problématiques communes liées à l’exercice d’une tâche à distance et des problématiques spécifiques. Mais toutes ces formes de télétravail sont en plein essor, nous concernent tous et présentent un grand intérêt pour nos organisations de travail.

Bienvenue sur le blog de Greenworking

Publié le 6 avril 2010 | Aucun commentaire

Greenworking, société de conseil & formation au télétravail, est heureuse de vous accueillir sur son blog officiel dédié au télétravail.

L’objectif de ce blog est de pouvoir partager les réflexions, études et conclusions des équipes de Greenworking en matière de télétravail. Le télétravail demeure un mode de travail méconnu des décideurs et des travailleurs. Par ailleurs, le télétravail présente pour les entreprises des gisements importants mais encore inexploités de performance, d’innovation et de meilleure harmonie avec la société. Venez les découvrir sur ce blog !

Les équipes de Greenworking seront ravies au fil des articles de vous faire découvrir l’avenir du (télé)travail. N’hésitez pas à nous faire part de vos réflexions ou expériences, l’organisation du travail nous concerne tous !

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